SCHNEIDER Jean Pierre      Exposition du 2 au 31 mai 2008  
Exposition

Pour la 4° année consécutive le partenariat avec le festival du Premier Roman se confirme et se renforce. Sur proposition du festival, acceptée par le conseil d'administration de la galerie, cette exposition sera individuelle, contrairement à ce que nous avions annoncé précédemment.
La galerie s'excuse auprès des artistes s'étant dèjà adressé leur candidature pour l'exposition collective primitivement annoncée sur le thème "du point à la ligne" qui sera repoussée d'une année



L'artiste exposant retenu :
 
Jean Pierre SCHNEIDER 
artiste peintre 
résidant à Paris. 

L'invité d'honneur du Festival du Premier Roman 2008 
Bernard CHAMBAZ a écrit un livre intitulé

 "La Déposition" 
traitant de l'oeuvre de Jean Pierre  SCHNEIDER.


Un dialogue est organisé entre l'auteur et l'artiste
le 15 mai 2008 à 17h à la galerie du Larith,
 suivi du vernissage de l'exposition
.

 

En empruntant à Nicolas de Staël cette phrase : « L’espace pictural est un mur mais tous les oiseaux du monde y volent librement », il me semble venir au plus près de la peinture de Jean-Pierre Schneider.

Dans cet espace-là, la rencontre avec Bernard Chambaz et Michel Dieuzaide a rendu possible la réalisation de ce livre où rien n’est de commande et tout est de partage. Leur regard singulier a donné passage à l’éblouissement, à l’émotion, à l’admiration et à la beauté de l’instant partagé. Jean-Pierre Schneider trouve là l’écho de ce qui le pousse vers la création, de ce qui donne à son engagement la dimension de la gravité et de l’essentiel.

Bernard Chambaz.

Jean-Pierre Schneider est né à Paris en 1946. Il partage son temps entre l'Yonne et Paris.
Il expose depuis 1969 à Paris, en province et à l'étranger (Galerie Bruno Delarue, Galerie Sabine Puget, au Chambon sur Lignon chez Cheyne éditeur, à Espace Art à Thonon-les-Bains, à Royan et à Saintes...
Il participe également à différentes expositions collectives et salons dont le Salon des Réalités Nouvelles, le FRAC Haute Normandie, le Salon de Rouen, le SIAC de Strasbourg, Art Paris au Carroussel du Louvre.
Il est aussi scénographe pour des spectacles de danse contemporaine (Chorégraphies de Dominique Dupuy, Arièle Grimm), pour le théâtre (mise en scène de Sabine Larivière, Yvan Chevalier, Thalia Théâtre, Richard Leteurtre).
Il est présent dans des collections publiques et privées : FRAC de Haute-Normandie, réalisation de trois stèles (béton et terre), École de Pacy sur Eure, Caixa de Sabadell et Fundacio Banc de Sabadell (Espagne).
Daniel Dobbels, Mariane









Jean-Pierre Schneider et Bernard Chambaz

La déposition 






Que faut-il à la peinture, à son apparition ? Il faut une ouverture, 
unique et momentanée, une ouverture qui signe l’apparition comme telle.
Mais une ouverture par essence paradoxale puisqu'au moment où la peinture 
induit "une dissimulation". Mais c'est à travers elle que Jean-Pierre
Schneider donne accès à l'envers du monde, à ce qui en lui est la région 
de la dissemblance.
Nous nous sentons ainsi bien seuls et perdus face au travail de Schneider 
puisqu'il nous octroie uniquement des bribes d'images.De tels "restes" nous regardent, nous touchent au plus profond 
mais nous sentons tout autant que nous n'en saisirons jamais les tenants 
et les aboutissants. Fidèle à ces images où nous nous estimons coupables de fautes 
énormes que nous n'avons pas commises, Schneider en ses "ratures" et ses 
fragmentations nous laisse orphelins autrement puisque - en ses dessins 
particulièrement - se cachent nos desseins et notre énigme.

Il existe un lien entre notre foire intérieure et le monde d'un tel 
artiste. Nous y déambulons sans but  afin de comprendre comment pour 
chaque être la masse du monde prend forme et comment les œuvres deviennent
formes en transformant leur propre statut. Il convient alors de se 
demander non seulement comment elles apparaissent mais comment elles 
disparaissent. Toute l'histoire des images de Schneider est celle d'un 
combat sans merci entre le forme et l'effacement dans le corps à corps que 
se livre l'être avec lui-même devant la toile, devant la feuille de 
papier en sa quête d'une image-mère. L'artiste ne se veut pas chercheur de 
trophée imaginaire à ramener chez lui mais un destructeur, un dépeupleur 
d'images qu'il dévore comme elles dévorent sa vie.

Alors son "rêve" nous laisse seul avec nos images et celles de sa peinture 
nous regardent au plus profond. Certes pas plus que dans le rêve nous n’en 
connaîtrons les tenants  ultimes mais, tandis que nous 
échouons à tirer les images oniriques de cette masse d’oubli qu’est le 
sommeil, les images de cette peinture trament notre vie, 
notre pensée, notre affect et notre corps. Dans le rêve nous sommes 
accusés et torturés de crimes que nous n’avons pas commis et dans la 
peinture de Schneider une autre responsabilité nous incombe : notre propre 
chaos est livré à l'énigme de cette recherche. Au rêveur endormi fait 
place l’insomniaque rêveur qui - sur le fil tendu entre la première image 
génitale que l’on ne verra jamais et celle de l’instant de notre mort - 
discerne le combat sans merci du souvenir avec l’oubli.

Chez Schneider il n’y a plus de copie et modèle. Ce qui peut apparaître 
comme un “ moins être ” possède l’être, prend sa place. L’image picturale 
provoque la mise à mort à travers son plan. Elle est un présage  
terrifiant et fascinant qui rejette toute forme 
envisagée ou tenue comme telle. Elle n’étale pas, elle condense en 
transposant l’image du rêve dans un autre champ de perception sensorielle. 
Face à l’hallucination provoquée par le songe, elle offre une conversion 
par effet de surface. L’image picturale n’est plus équivalence, elle n’est 
pas un portant visuel du réel mais son point de repère, son point de 
capiton, son noeud parfait qui n’a pas besoin de corde et qui donc ne peut 
être défait.

Jean-Paul Gavard-Perret
05 2008








 

Galerie


 

« Il y a plusieurs moments dans la vie où nous sommes frappés par la foudre, il est arrivé que ce fût pour le pire, il arrive encore que ce soit pour le meilleur. Alors on est ébloui, stupéfait, un peu stupide devant le phénomène. On sent parfaitement l'émotion qui traverse notre corps et qui — selon — nous élève ou nous défait.
Souvent il s'est agi d'un paysage, d'un ciel dont on ne se remet pas à cause des cyprès noirs, à cause des peupliers blancs qui montent la garde devant les montagnes enneigées où vous ne trouveriez pas un col à moins de cent cinquante kilomètres et le monde vous paraît comme vous l'avez imaginé, secrètement, après l'avoir lu, léger et à peu près infini, inexpugnable, décidément présent. Un autre jour le ciel vous foudroie au bord d'un horizon de dunes, elles étaient mauves avant même le soir, d'un mauve encore framboise comme la robe d'une reine du siècle d'or puis sombre malgré le dépôt de jaune sable, et une carte géographique permettait d'évaluer les jours de dromadaire qu'il faudrait pour se retrouver de l'autre côté, puis nous étions endormis (enamourés) sous le toit de tente à travers lequel nous voyions le fameux bol renversé de diamants, de sorte qu'après avoir été ébloui on est gagné par ce sentiment de plénitude qui rend la vie vivifiante. Quand le paysage est urbain, la ville s'appelle Rome ou New-York, et le coup peut venir d'un simple orage de grêle en haut de l'Empire State Building avec les billes de glace qu'on voit dans le Martyr de san Marco. (...)
Un après-midi de mai 1999, je marchais rue Jacob quand je vis à travers la fenêtre de la galerie Sabine Puget un vaste panneau bleu et sur le bord de la toile une forme verticale jaune beige et dans le même mouvement une forme blanche plus brève. Le bleu vibrait, méditérranéen. Je restais donc ébloui, confondu. La toile s'imposait, imposait son évidence qui était de l'ordre de la présence, peu importait ce que ce fût exactement. La vue (la vision) avait déclenché une chaîne de sensations (auxquelles sans y être invitée ce qu'on nomme la pensée se mêlait), convoquant en quelques fractions de seconde des images et les mots qui en général les accompagnent. À mi-chemin entre la toile et “ mon âme ”, les images surgissaient d'époque variables, du fond des âges et aussi de la veille, me laissant — sans que j'y puisse grand chose — sur une première impression bouleversée. (...)
Ce jour-là, je repartais comblé. La peinture de Jean-Pierre Schneider était entrée dans ma vie (par la grande fenêtre). »


Bernard Chambaz

 

Quatre séries sont exposées      La femme sans mots














ICARE