Charles PAYAN et Guy BAUDINAT      Exposition du 30 mars au 15 avril 2006  
Charles PAYAN
Aux frontières de l'Arte Povera, du Land Art, de l'abstraction élémentaire, C.P. partage son activité artistique entre la peinture, des interventions et des installations réalisées dans divers lieux.
Son travail sur la matière et l'espace, est principalement une interrogation sur le temps.
Par la confrontation entre « matière » et « image », il questionne l’hypothèse suivante : l'impression de temps ressentie dans la perception d’un objet visuel est d’autant plus grande que la distance entre signifiant et signifié est importante.

Guy BAUDINAT
Mémoire réfractée, souvenirs d’une enfance heureuse bien que perturbée par les échos de la guerre et l’inquiétude prégnante des adultes. Très tôt le besoin de crayonner pour chercher entre les plis des jours ces espaces de rêverie ouvrant sur des ailleurs mystérieux. Reste à ce jour un acquis graphique et pictural où l’intuition et l’intention se font écho. Romantisme désuet ? « Derrière le décor de l’existence immense, au plus noir de l’abîme, je vois distinctement des mondes singuliers. » (C. Baudelaire) Plus simplement peut-être, recherche obstinée de la liberté.




 
                                                           
Charles Payan, la force inquiète


Charles Payan est un plasticien qui, en utilisant les matériaux les plus divers, crée des œuvres qui campent aux frontières de l'équilibre. Elles traduisent un sentiment d'inquiétude qui place le spectateur lui-même dans un état d'intranquillité interrogative.
Cette inquiétude transparaît le plus souvent dans la fragilité paradoxale d'éléments lourds et massifs placés en lévitation simulée ou en équilibre appa­remment instable mais toujours maîtrisé.
Les œuvres, empreintes d'austérité, silence, inter­rogation, dégagent une force contenue mais indé­niable.
Elles se déclinent presque toujours en un rythme binaire, où deux parties issues d'une fracture sont pourtant sémantiquement indissociables. Cette dualité est rassurante. Elle est là comme une réponse à tous les doutes. Ce travail qui relève à la fois de l'Art Concret et de l'Art Conceptuel, réussit à exprimer l'indicible. Il révèle un artiste-chercheur profond et intègre : 
Charles Payan, un sculpteur de l'inquiétude.

Jean Louis SOLER



Noir/blanc/jaune(2004) acier, lait,pollen. 
En arrière plan "blanc,blanc,blanc"
















L'OPRESSANTE LEGERETE
3 blocs de 20X20X200cm
vidéo(reflets de soleil)













 Guy BAUDINAT





MOI JAMAIS CONTENT RESTER MÊME CHOSE
MOI TOUJOURS PARTIR NOUVEAU
FUIR ENNUI DU TOUJOURS MÊME
TOUJOURS ESPÉRER TROUVER FENÊTRE
AU BOUT TUNNEL APRÈS SUIE ET OMBRE
TOUJOURS VOULOIR BRISER ENTRAVES
OUVRIR PORTE SAUTER MONTER
LÀ-HAUT LÀ OU NOIR-NOIR
S’ÉCARTE Où BRILLE AURORE
TOUJOURS FRAÎCHEUR TOUJOURS
INCONNU RECONNU
                                                (De nulle part. An zéro.
                                                                              Signé : Personne.)
 
                        Jean TARDIEU (Comme ceci comme cela)






 
 
 











Derrière les miroirs
 
Cette nouvelle série d’encres de Guy Baudinat est un travail plus précis que celui de Moissons nocturnes, basé sur les hasards heureux de la gestuelle. L’artiste y explore les possibilités du trait plutôt que celles de la tache d’encre ; il est plus proche du travail du graveur : on pense aux illustration des romans de Jules Verne, à Gustave Doré, Rembrandt bien sûr, et Bredin...
Il creuse des sillons de plus en plus noirs, ce noir qu’il décline avec toutes ses nuances de gris comme le trait qu’il affirme, affine, développe, enveloppe, contourne, détourne ; il reprend sans arrêt ce trait pour lui donner paradoxalement plus de légèreté, de volupté, de sensualité, le soumettre aussi à son désir de créer du vivant. la forme (dessin de petite dimension) se structure à partir de ce travail sur le trait ; une fois qu’elle s’est imposée, l’artiste la modèle par superposition, surimpression d’autres traits. Ce que chaque encre donne à voir est un monde étrange, mystérieux, qui s’invente en le regardant : minéral, végétal, profondeurs souterraines et marines, aspérités, tourbillons mais aussi corps aériens, évanescents, silhouettes qui se fondent dans le noir et que le regard du spectateur fait resurgir, recompose.
 
M-C. Thibaud